Panorama des approches psychologiques

Entreprendre une démarche thérapeutique, c’est choisir de travailler sur soi avec l’aide d’un thérapeute. Comment trouver le bon ? Difficile d’apporter une réponse définitive à cette question qui relève tout autant de la science que de l’art, puisqu’il s’agit avant tout de relations humaines. Après tout, le thérapeute a lui-aussi une personnalité et, même dans le cadre d’une relation thérapeutique, celle-ci n’est pas neutre. Pour autant, qu’ils soient Psychologues, Psychanalystes ou Psychothérapeutes, les « Psy » travaillent le plus souvent selon une ou plusieurs approche(s) qu’il n’est pas inutile de connaître pour aiguiller son choix. Goodpsy décrypte donc pour vous les principales approches afin de vous donner quelques clés pour vous aider.

La psychanalyse et les approches psychodynamiquesS. Freud. Comprendre la psychanalyse et choisir l'approche thérapeutique qui vous convient.

Origine historique

A l’origine de tous les courants psychothérapeutiques, la psychanalyse, a été développé par Sigmund Freud à la fin du XIXème siècle. En travaillant avec des patients névrosés et hystérique Freud a décrit les notions principales liées à la vie psychique interne des individus, dont certaines sont passées dans le langage courant et font désormais partie de notre quotidien : conscient, inconscient, mécanismes de défenses, etc. Il a décrit les fondamentaux du développement psychique de l’individu (théorie sexuelle infantile), avec des notions devenues célèbres comme le complexe d’œdipe. Son travail avec Docteur Josef Breuer au début du XXème siècle, ses expériences de l’hypnose avec Docteur Charcot, ainsi que ses recherches, qui se sont traduits par de nombreux écrits, lui ont permis  d’établir les bases du déroulement et du fonctionnement d’une cure thérapeutique.

Freud et la psychanalyse

Fondement(s) (postulats et objectifs) de l’approche

  • Les problèmes sont souvent le fruit d’événements ou de traumatismes passés, enfouis dans l’inconscient, souvent en rapport avec l’enfance.
  • Si l’on amène le patient à prendre conscience de ce qui est inconscient, à mieux comprendre son fonctionnement et à verbaliser ses sentiments, émotions et désirs, etc. alors celui-ci pourra prendre du recul et ainsi gérer de manière autonome ses frustrations, peurs, blocages… pour se construire une personnalité plus mûre et solide.
  • Pour ce faire, la psychanalyse s'appuie sur le principe de transfert entre le patient et son thérapeute : l'ensemble des attitudes (résistances…), émotions et sentiments sont « déplacés » sur le thérapeute (le psychanalyste) qui sert ainsi de « support » pour faire émerger le vécu (par exemple, les expériences relationnelles importantes que le patient a eu dans son passé et l’ensemble des émotions qui leurs sont associées)
  • Le psychanalyste, travaille sur le transfert du patient, et sur son propre vécu pendant les échanges avec le patient (contre-transfert).

Méthodes de travail & thérapie

  • Pendant les séances le patient raconte ce qui lui vient à l’esprit - c’est ce que l’on appelle l’association libre, propre à la cure psychanalytique classique.
  • Le psychanalyste écoute et reste neutre. Cette attitude est qualifiée de neutralité bienveillante et fait partie de la mise en place des fondamentaux du travail psychanalytique qui permet notamment d’initier le processus de transfert.
  • Au fur et à mesure des séances, le patient explore peu à peu son monde intérieur, c’est-à-dire les processus inconscients de sa psyché (rêves, actes manqués, lapsus) qui régissent son présent et son passé, et le psychanalyste lui propose des interprétations de son vécu. Ensemble, ils analysent les causes à l’origine des difficultés rencontrées et les solutions possibles.

Modalités pratiques (durée de la thérapie, durée d’une séance, tarif, …)

  • Thérapie de longue durée (3-4 ans minimum) à raison de 2 à 3 séances par semaine. La durée d’une séance est de 45min à 1h. Le patient est souvent allongé sur un divan avec le thérapeute assis derrière lui. Le prix d’une séance peut varier entre 40 et 120 euros.

Dans quels cas ? Indications (Problèmes / difficultés / troubles) :

  • Difficultés et échecs affectifs répétés dans la vie personnelle, sociale ou professionnelle.  Angoisses, dépression, malaise existentiel persistant, troubles de la personnalité.
  • Vous vous sentirez à l’aise de faire une cure analytique, si vous aimez réfléchir et chercher des liens de causalité. Préparez-vous cependant à supporter les moments de silence et ne vous attendez pas, en règle générale, d’avoir beaucoup d’échanges avec votre thérapeute.

Carl Gustav Jung et l’inconscient collectif

Origines historiques : Jung, un des plus proches disciples de Freud,  à partir de 1913 développe sa propre vision de l’esprit humain et de la psychothérapie. Son étude de mythologie, des religions, des pratiques spirituelles orientales (notamment, du yoga) lui permet  d’émettre un doute sur la prédominance de la sexualité dans la théorie freudienne. Dans ses œuvres il évoque notamment l’importance d’une dimension culturelle et spirituelle dans le développement psychique.

Fondement(s) (postulats et objectifs) de l’approche:

  • Psychothérapie  est un processus dialectique, un dialogue entre  deux personnes. La tâche principale du thérapeute est de dévoiler l’inconscient du patient afin de lui faciliter le processus d’individuation (le processus de la découverte de soi et de maturation psychologique).
  • Jung insiste sur le fait que l’inconscient est un phénomène collectif car tout au long de l’histoire de l’homme on observe la réapparition d’un certain nombre d’archétypes et de symboles dans les produits de l’art, de la littérature et de religion. Il est donc nécessaire d’analyser l’inconscient en prenant  en compte ce phénomène d’inconscient collectif.
  • La relation entre le patient et le thérapeute procure un des plus grands effets thérapeutiques. Elle permet au thérapeute de poser des fondamentaux à partir desquels le patient pourra réintégrer la réalité.     

Objectifs :

  • Le but de la thérapie est d’amener la personnalité du patient à l’individuation.
  • Le thérapeute est le partenaire du patient dans le dialogue thérapeutique. « Le but du processus thérapeutique est de permettre au patient d’assimiler les éléments inconscients de sa psyché et réussir ainsi finalement l’intégration de sa personnalité et la guérison de sa dissociation névrotique ».  
  • Aider le patient à développer son indépendance et sa maturité psychologique.

Méthodes de travail :

  • L’analyse des rêves, des croyances, du matériel mythologique de la psyché, le dessin.
  • Le thérapeute doit avoir beaucoup de connaissances en mythologie, en psychologie primitive, en archéologie et en religion comparée pour pouvoir enrichir les associations du patient par des analogies.
  • L’exploration des convictions religieuses et philosophique est très utile pour le processus thérapeutique.

Modalités pratiques (durée de la thérapie, durée d’une séance, tarif, …)

  • Deux-trois ans en raison d’une séance par semaine. Le patient et le thérapeute sont assis l’un en face de l’autre. Le prix moyen est de 60 euros par séance.

Dans quel cas ? Indications (Problèmes / difficultés / troubles) :

  • Sentiment de mal-être général, situations de crise, deuil, problèmes relationnels,  besoin d’approfondir les connaissances de soi…

Les psychothérapies cognitives et comportementales (TCC)

Origines historiques : La psychologie comportementale apparait au début du XXème siècle avec les travaux de John Watson, Edward Talman et B.F. Skinner qui cherchent à opposer les méthodes de recherche scientifique à la psychanalyse. Ils ont, notamment, conduit de nombreuses expériences avec des animaux (rats, chats) pour démontrer la possibilité de nouveaux apprentissages en utilisant le reflexe conditionnel d’Ivan Pavlov. Ces recherches ont permis de décrire un certain nombre de lois qui régissent le comportement.

Néanmoins, de plus en plus de psychologues vers les années 30s soulignent des limites de l’approche comportementale et affirment l’importance d’autres facteurs qui influencent le comportement de l’individu : notamment, les facteurs cognitifs, émotionnels et sociales. Ces critiques prennent forme à partir des années 50s quand Aaron Beck et Albert Elis ont développé les idées de la thérapie cognitive aux Etats-Unis. Depuis, un mélange des idées cognitivistes et comportementalistes s’est transformé en ce qu’on appelle aujourd’hui les thérapies cognitivo-comportementales.

Postulat(s) :

  • Nos comportements sont étroitement liés avec nos pensées (cognitions) et nos émotions.
  • Il existe des « schémas cognitifs » que nous apprenons au fil de nos expériences de vie. Ces schémas s’organisent dans notre style de penser et de se représenter différents évènements. Ils deviennent parfois « figés » et nous empêchent de réagir de manière adaptée dans certaines situations. C’est donc cette  manière de se représenter les choses de façon inadaptée qui crée de la souffrance psychologique chez la personne.
  • Les TCC postulent que l’on peut changer ce style ce qui aura un effet bénéfique sur nos comportements, nos pensées et nos émotions.

Objectifs :

  • Un des buts principaux de TCC est d’aider le patient à prendre conscience de ses croyances erronées, à sortir des schémas cognitifs inadaptés et à apprendre à réfléchir et à percevoir les choses d’une manière flexible.
  • La thérapie est structurée et se base sur de nombreuses exercices et expériences. Le but est d’apprendre au patient à répondre de manière adéquate aux nombreuses sollicitations de son environnement et de l’aider à gérer ses difficultés (se débarrasser d’un symptôme, par exemple).
  • Au cours du travail thérapeutique pour atteindre ces changements le thérapeute évalue régulièrement avec le patient les effets de ses interventions pour orienter la thérapie vers les objectifs fixes le plus rapidement possible.

Méthodes de travail : thérapeutes TCC utilisent dans leur travail de nombreux exercices :

  • les exercices comportementaux qui visent l’apprentissage de nouveaux comportements,
  • les exercices cognitifs qui permettent d’identifier les pensées inadaptées et d’apprendre à les changer,
  • les exercices émotionnels qui ont pour but l’acceptation et la meilleure régulation des émotions,
  • les exercices corporels qui permettent d’acquérir les techniques de relaxation.

Un des courants les plus jeunes des TCC est la thérapie de pleine conscience (ou mindfulness, en anglais) élaborée pas Jon Kabat-Zinn. Cette   approche développe la dimension spirituelle des TCC. Il s’agit d’apprendre à être présent avec toutes nos sensations, émotions et pensées dans l’ici et maintenant sans porter de jugement ni se laisser guider par nos processus internes. La méditation nous permet de pratiquer ce genre d’observation bienveillante et d’attitude ouverte à tout ce qui se produit en nous et au tour de nous à chaque instant.

Modalités pratiques (durée de la thérapie, durée d’une séance, tarif, …)

  • TCC est une thérapie brève : elle dure de quelques mois à un an en moyenne.
  • Dès le début de la thérapie, un contrat établit un cadre avec le nombre de séances nécessaires. Elles se déroulent toutes les semaines et ont une durée de 45 minutes.
  • Le prix peut varier entre 30 et 140 euros selon la qualification et la géolocalisation du thérapeute (à Paris les prix sont plus élevés qu’à la compagne).

Dans quel cas ? Indications (Problèmes / difficultés / troubles) :

  • Troubles anxieux, phobies, dépression, troubles alimentaires, troubles du sommeil, conduite addictives…

Les psychothérapies d’orientation existentielle humaniste

Origines historiques : Ce courant de psychothérapie s’est développé en Europe et aux États-Unis à partir des années 50s. Il est étroitement lié à la propagation intensive de la philosophie existentielle amenée par les personnalités de Karl Jaspers, Ludovic Binswanger, Martin Heidegger, Jean-Paul Sartre et autres après la deuxième guerre mondiale. Au cœur de cette approche – l’originalité de l’individu avec ses ressources intérieures, le chemin de vie unique, et les questions profondes touchants au sens (la liberté et la responsabilité, la volonté et le choix, la solitude et l’isolation, la finitude, la quête de sens et le vide…)

 

Postulat(s) :

  • Le développement personnel est un besoin naturel pour l’individu et il possède dès sa naissance tout le potentiel pour devenir une personnalité authentique et accomplie en suivant son chemin de vie.
  • L’efficacité de la thérapie est liée au degré de l’implication du thérapeute et à la profondeur d’une relation thérapeutique entre le thérapeute et le patient.
  • Chaque patient est unique. Il faut donc d’une certaine manière réinventer la psychothérapie avec chaque nouveau patient. Rester surpris, ouvert à tout ce qui se passe et ne pas tomber dans des à priori scientifiques.
  • Tout ce qui se passe au cours d’une séance est le matériel à explorer pour aider le patient à retrouver son intégrité.  

Objectifs :

  • Aider la personne à prendre conscience de son potentiel et de ses limites. Cela va lui permettre d’entreprendre le chemin d’actualisation : la découverte de soi, la confrontation aux questions existentielles, le choix de vivre sa vie de façon pleine et authentique.
  • La thérapie existentielle cherche à conduire l’homme à la position où il devient l’acteur de sa vie susceptible de faire le bons choix.

Méthodes de travail :

  • Pour aider la personne à retrouver son intégrité la psychothérapie existentielle humaniste se focalise sur son vécu, la prise de conscience (aux niveaux cognitif, émotionnel, corporel, social et spirituel) et l’intégration de l’expérience acquise au cours de sa vie et crée au cours de sa psychothérapie.
  • La phénoménologie est une méthode très importante pour ce courant de thérapie. Ensemble le thérapeute et le patient prêtent leur attention à ce qui se produit au cours des séances, ici et maintenant, en essayant de répondre à la question « comment cela se passe » pour le patient et de donner du sens à ces phénomènes.
  • « Le thérapeute va participer à la compréhension du monde de son patient non pas en essayant d’interpréter ce qu’il dit ni en tentant de le changer, mais en essayant de le rencontrer » (M.-N. Salathé). Le thérapeute soutient et reconnait le patient dans sa perception de lui-même. Il est totalement présent, et manifeste son intérêt et son soutien, en incitant le patient d’explorer « comment c’est pour lui » (tout ce qu’il amène en séance avec lui).

Modalités pratiques (durée de la thérapie, durée d’une séance, tarif, …) :

  • Dépend beaucoup de l’approche du thérapeute. En moyenne la thérapie dure 1,5-2 ans, en raison d’une séance de 45min-1h par semaine.

Dans quel cas ? Indications (Problèmes / difficultés / troubles) :

  • Sentiment de mal-être, perte de sens de la vie, besoin de se retrouver, se refocaliser, faire des choix importants, angoisses, dépression, changements importants de la vie, crises…

La thérapie centrée sur la personne

Origines : Carl Rogers est à l’origine de cette  approche dans les années 40s aux Etats-Unis. Son travail avec les enfants, puis avec les adultes en tant que thérapeute en clinique, enseignant dans plusieurs Universités aux Etats-Unis et leader de groupes s’est focalisé sur la recherche expérimentale des bénéfices d’une relation thérapeutique. Il cherchait à comprendre comment créer une relation que la personne pouvait utiliser au profit du développement de sa personnalité. 

Postulat(s) :

  • Selon Rogers, chaque personnalité a une tendance à l’actualisation de soi. Il postulait que chaque personne est fondamentalement bonne, libre de faire des choix et dès le départ a tout le nécessaire pour se réaliser.
  • Souvent l’individu perd le lien avec sa voix intérieure en suivant les chemins indiqués par les autres et il vient en thérapie pour pouvoir de nouveau retrouver sa voix.
  • Rogers affirmait que l’efficacité d’une thérapie dépend de l’attitude adoptée par le thérapeute vis-à-vis de son patient. Il a notamment nommé 3 clés indispensables à une relation thérapeutique bénéfique :
    • le thérapeute s’engage à être congruent aves soi-même, à ne pas jouer un rôle et à être totalement présent,
    • il est empathique et capable de ressentir et de comprendre ce que lui transmet le patient,
    • il est inconditionnellement du côté de son patient.

Objectifs :

  • Aider le patient à se réaliser en créant une relation dans laquelle il se sentira profondément écouté et compris comme il est. Cette expérience lui permettra de se rapprocher de son être le plus profond et de découvrir ses ressources et ses limites pour ensuite en faire les meilleurs choix pour sa vie.  

Méthodes de travail :

  • Au cœur de cette approche – une relation thérapeutique authentique, une écoute sensible et une volonté du thérapeute de découvrir avec le patient comment il est.

Modalités pratiques (durée de la thérapie, durée d’une séance, tarif, …) :

  • Thérapies de moyenne durée : de quelques mois jusqu’à 1 ans-1,5 ans en raison d’une séance par semaine. Le prix d’une séance varie entre 30 et 60 euros.

Dans quel cas ? Indications (Problèmes / difficultés / troubles) :

  • Difficultés relationnelles, stress, dépression, anxiété, problèmes familiaux, conjugaux, professionnels.

La Gestalt-thérapie

Origines : gestalt thérapie est une approche fondée par le psychiatre et psychanalyste allemand Fritz Perls dans les années 1940s. Après avoir travaillé en tant que psychanalyste plus de 15 ans, il publie son premier œuvre en 1942 où il décrit sa vision de psychothérapie basée sur l’importance de l’unité du corps et de l’esprit, la portée considérable de vécu et de ressenti du patient dans l’ici et maintenant, la valeur du contact entre le thérapeute et le patient. En 1951 la nouvelle approche est née. Le mot « gestalt » signifie en allemand « la forme », « la figure » et a été adopté par Perls pour souligner le fait qu’un individu ne peut pas être perçu comme la somme des différents éléments (pensées, émotions, comportements, relations), mais doit être traité dans son intégrité et en lien avec son environnement.

Postulat(s) :

  • L’étude de la phénoménologie et des pratiques spirituelles orientales a amené Perls à l’idée qu’un psychothérapeute devrait plus se concentrer sur le processus que sur son contenu, en essayant de répondre avec le patient à la question « comment il est ?» au lieu de « pourquoi il est comme ça ?». Ainsi l’attention aux  phénomènes qui apparaissent en contact avec le patient a une place importante en gestalt-thérapie.
  • Gestalt est une thérapie relationnelle, le thérapeute reconnait l’originalité de son patient et cherche à créer des circonstances d’une rencontre authentique dans laquelle ils pourront explorer ensemble comment le patient fonctionne, perçoit le monde, crée ses relations, fait ses choix…
  • Le patient et le thérapeute accueillent avec une curiosité bienveillante ce qui émerge au cours des séances. Cette attitude crée une base pour une rencontre authentique avec l’autre et permet au patient d’élargir la connaissance de soi.  

Objectifs :

  • Gestalt-thérapie cherche à aider le patient à développer sa capacité d’adaptation créative, à élargir sa conscience et à utiliser ses ressources pour être en équilibre avec soi-même et avec le monde extérieur.
  • Le but est de remettre en mouvement ce qui est figé en se concentrant sur comment la personne est, quel est son vécu, et l’aider à restaurer son autonomie, sa capacité à s’appuyer sur les ressources existantes, sa responsabilité et sa créativité pour mener sa vie de façon satisfaisante.
  • Il s’agit donc de rendre possible l’émergence de nouvelles modalités d’être pour la personne qui vient en thérapie.

Méthodes de travail :

  • En dehors du dialogue, gestalt-thérapeutes utilisent beaucoup les techniques corporelles (relaxation, attention au gestuel, aux intonations, à la posture, exploration des signaux corporels), l’art-thérapie (dessin, modelage), les jeux de rôles…

Modalités pratiques (durée de la thérapie, durée d’une séance, tarif, …) : l

  • A durée moyenne d’une thérapie est de quelques mois à deux ans en raison d’une séance d’une heure par semaine.
  • Le prix d’une séance peut varier entre 40 et 80 euros.
  • Le thérapeute élabore avec le patient une vision commune de sa problématique pour formuler ensemble les buts de thérapie qu’ils peuvent changer au fur et à mesure de leur travail. L’idée est d’impliquer le patient en tant que partenaire dans la cure et de valider à chaque étape qu’ils vont dans le bon sens.

Dans quel cas ? Indications (Problèmes / difficultés / troubles) :

  • Conflits relationnels, problèmes de couple, perte, deuil, traumatismes.
  • Difficultés liées à l’image de soi : timidité, peur, anxiété, manque de confiance, solitude.
  • Troubles psychosomatiques : anxieux, dépressifs, alimentaires.

Les psychothérapies systémiques (Ecole de Palo Alto)

Origines :

Cette approche a été développée par Don D. Johnson et Paul Watzlawick à partir, notamment, des travaux d’anthropologue Gregory Bateson qui était le premier  à appliquer les théories systémiques au traitement des troubles psychologiques.

Postulat(s) :

  • un système fonctionne selon quelques principes de base :
    • on ne peut pas isoler un individu de son environnement (principe de totalité),
    • il n’est pas possible de réduire un système à la somme des individualités
    • un système possède une capacité d’autorégulation.
  • A travers ces principes les psychothérapeutes de l’école Palo Alto ont cherché à investiguer le fonctionnement de la famille en tant que système. Ils ont postulé que ce sont les interactions entre les membres de la famille qui nécessitent d’être traitées pour soigner les éventuels dysfonctionnements.
  • Les interactions dans un système (couple, famille, groupe, organisation etc.) ont le caractère circulaire. Par exemple, un couple où la communication sur certains sujets sensibles ne passe pas : plus elle parle - plus il se tait, plus il se tait – plus elle parle.
  • Les thérapeutes systémiques ont constaté que ce n’est pas possible de dire que c’est « la faute » de l’un ou de l’autre - c’est le système qui s’est configuré de cette façon et tous les deux ont trouvé une manière de réagir face à quelque chose douloureux qu’ils n’arrivent pas à résoudre différemment. Ainsi, certains paternes d’interaction se figent et deviennent parfois pathogènes pour les membres de la famille.

Objectifs :

  • Le but des thérapies systémiques et de comprendre la nature des dysfonctionnements familiaux à travers l’investigation des « blocages » dans l’interaction, des rôles et des règles familiaux  pour aider la famille à affronter des difficultés et des changements et à retrouver un nouvel équilibre.

Méthodes de travail :

  • Au cours des séances les thérapeutes systémiques cherchent à donner une place à chaque membre de la famille pour exprimer son vécu et sa vision de la situation et du problème.
  • Ils laissent aussi la famille d’interagir de façon naturelle et observent la communication, décryptent les rôles de chacun, les systèmes (des parents, des enfants…) et les alliances avec leurs frontières (figées ou dynamiques), ainsi que les mythes et les règles familiaux.Cela permet de faire des hypothèses sur la structure spécifique de la famille et ses fonctionnements (saines et destructeurs).Ces échanges peuvent être filmés et ensuite revus et discutés avec la famille.
  • Les thérapeutes proposent ensuite à la famille les interventions pour faire bouger les choses : apprendre à communiquer autrement, faire des petites expériences à la maison au cours de la vie quotidienne, adopter de nouveaux rôles…
  • Les méthodes spécifiques du travail thérapeutique sont, par exemple,
    • le génogramme (un schéma dessiné avec les membres de la famille pour reconstituer des liens intergénérationnels depuis plusieurs générations et comprendre certaines tendances),
    • la construction d’une sculpture familiale par un des membres de la famille (ce qui permet de matérialiser sa vision de la structure familiale),
    • les interventions paradoxales (par exemple, on peut proposer à tous les membres de la famille de se soumettre volontairement pendant une semaine à un enfant qui a l’aire de jouer un rôle du « tyran domestique ») etc.

Modalités pratiques (durée de la thérapie, durée d’une séance, tarif, …) :

  • La durée d’une thérapie est en moyenne d’une vingtaine de séances (1h-1h30) une ou deux fois par mois.
  • Le prix d’une séance varie entre 60 et 100 euros.
  • La plupart du temps tous les membres de la famille sont invités à participer au travail thérapeutique.
  • Souvent les thérapeutes travaillent par deux ce qui permet d’avoir une vision plus claire et objective du processus thérapeutique et s’épauler mutuellement.

Dans quel cas ? Indications (Problèmes / difficultés / troubles) :

  • conflits familiaux, changements importants (chômage d’un des parents, déménagement, naissance, perte et deuil…), trouble d’un membre ayant un impact sur le reste de la famille  (cancer, anorexie, handicap, maladies rares et chroniques), situation de crise.